CMG

Lutte contre les violences faites aux femmes : Ne touchez pas au secret médical !

Le Grenelle des violences conjugales ouvert le 3 septembre 2019 a rendu ses conclusions le 25 novembre dernier.

Si le Collège de la Médecine Générale (CMG) se félicite de ces mesures, il n’en regrette pas moins qu’aucun représentant de la Médecine Générale n’ait été associé à cette réflexion. La contribution du groupe de travail dédié aux violences intrafamiliales constitué au sein du CMG aurait certainement permis de détailler les spécificités du repérage et de la prise en charge des violences en médecine générale, principale porte d’entrée des victimes vers une prise en charge. Le CMG a demandé à Madame Marlène SCHIAPPA, Secrétaire d’État chargé(e) de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, et à Madame Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la Santé, d’intégrer les groupes de travail du Grenelle, sans réponse à ce jour.

Parmi les trente nouvelles propositions annoncées, une levée du secret médical dans les cas de violences sur des femmes majeures a été mise en avant.

La remise en cause du secret médical a suscité de vives réactions parmi les médecins généralistes. Le Collège de la Médecine Générale s’associe aux inquiétudes d’une levée du secret médical. Cette mesure paraît non seulement inutile mais sera probablement contre-productive. C’est pourquoi, le Collège de la Médecine Générale a décidé de publier une lettre ouverte « Ne touchez pas au secret médical ! » (ci-après).

 

Lettre ouverte du Collège de la Médecine Générale
« Ne touchez pas au secret médical ! »

Oui il est insupportable d’entendre tous les 2 jours qu’une nouvelle victime est morte sous les coups de son partenaire !
Oui les violences ne doivent plus être taboues !
Oui les violences ne doivent plus être tues !

Mais NON ne touchez pas au secret médical !

Il est le fondement de la confiance.
Il libère la parole.

Il permet d’élaborer une relation dans le temps indispensable à la victime pour se reconnaitre en tant que victime, être de nouveau considérée, reprendre confiance, prendre les décisions bonnes pour elle et sa famille. Laissons-lui faire ses choix de façon autonome dans un cadre bienveillant et soutenant. Elle a besoin d’être entendue et protégée, et ce n’est pas en rompant le secret médical qu’on pourra le lui garantir.

La loi est bien faite et nous permet déjà de faire notre travail en toute sécurité en particulier pour les victimes en situation d’extrême urgence.

Donnez-nous des moyens pour mieux nous former à reconnaitre les violences, toutes les violences y compris celles qui ne laissent pas de trace physique !
Donnez-nous des moyens pour renforcer le travail en réseau de proximité !
Donnez-nous des moyens pour accompagner les victimes et les soutenir dans les décisions qu’elles auront prises !

A l’avenir, nous comptons sur nos tutelles pour travailler de concert avec le principal professionnel de santé concerné par les victimes de violences intrafamiliales : les médecins généralistes, et donc le Collège de la Médecine Générale.

 

Pour le Groupe de travail « Violences » du Collège de la Médecine Générale :
Dr Laure Rougé, Ganna, Dr Yannick Schmitt, Lingolsheim, Dr Mathilde Vicard-Olagne, Le Vernet la Varenne, Dr Camille Lévêque, Luxembourg, Dr Noémie Deparis, Salon de Provence, Dr Pauline Girard, Saint Martin d’Hères, Dr Gilles Lazimi, Romainville, Dr Humbert de Fréminville, Arnas, Dr Mathilde Pillard, Saint-Etienne, Dr Christelle Chamant, Saint Jean de Braye, Dr Sylvaine Bœuf-Gibot, Bellerive sur Allier, Dr Pauline Malhanche, Chatel-Guyon.

Télécharger le Communiqué
Télécharger la lettre ouverte

Suite à de trop nombreux drames, les féminicides viennent d’être médiatisés et font l’objet de décisions politiques. Les violences dans la famille sont en effet quotidiennes et prévalentes, y compris dans les patientèles de médecins de premier recours : selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), entre 15 et 71% des femmes vivant en couple, ont déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles (1) et près de 23 % des enfants ont subi des violences physiques (2). Les répercussions sont lourdes sur la santé des victimes, immédiatement mais aussi plusieurs années après.

Ces violences, commises dans la sphère familiale, sont d’autant plus difficiles à révéler pour les victimes et à repérer pour les soignants. Elles peuvent être physiques, psychiques, sexuelles. La négligence et les violences conjugales dont l’enfant est témoin, constituent aussi des situations de maltraitances infantiles.

Les médecins généralistes peuvent se saisir de cette problématique et poser la question des violences à leurs patients. Des ressources existent pour faciliter leurs pratiques.

 

Le site internet declicviolence.fr est un outil d’aide au repérage et à la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales pour les médecins généralistes. Le projet AVIC-MG (Attentes des femmes Victimes de violences conjugales envers le Médecin Généraliste), auquel participent des internes de 13 départements de médecine générale, complètera bientôt la cartographie des structures vers lesquelles le médecin généraliste peut orienter les victimes de violences conjugales.

 

La recommandation de bonne pratique « Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple » de la Haute Autorité de Santé sera publiée en septembre 2019.

Pour échanger entre professionnels, la session « Violences dans la famille : quel rôle pour le médecin généraliste ? » du congrès annuel 2019 de la Médecine Générale (CMGF) a été l’occasion de discuter de la place du médecin généraliste dans de telles situations : place à la fois complexe (la violence est difficile à penser, le médecin prend en charge parfois la victime et l’agresseur, …) et privilégiée (premier recours, suivi).

Le médecin généraliste est ici pleinement dans son rôle de prévention et de coordination. Le patient est pris en charge de façon globale en prenant particulièrement en compte les facteurs sociaux.

Les violences, et plus particulièrement les violences intrafamiliales, sont un enjeu de santé majeur pour la médecine générale.

Un groupe de travail du CMG est actuellement en cours de constitution. Un appel à candidature sera prochainement proposé pour un travail aussi bien au niveau du soin, de la pédagogie et de la recherche.

 

Dr Mathilde Vicard-Olagne
Médecin généraliste, Vernet-la-Varenne

 

Bibliographie

(1) García-Moreno C, Jansen HA, Ellsberg M, Heise L, Watts C. Prevalence of violence by intimate partners. In: WHO multi-country study on women’s health and domestic violence against women: initial results on prevalence, health outcomes and women’s responses. Geneva: World Health Organization; 2005. p. 27–42.

(2) Sethi D, World Health Organization, editors. European report on preventing child maltreatment. Copenhagen, Denmark: World Health Organization, Regional Office for Europe; 2013. 115 p.

 

La prochaine WONCA Europe aura lieu Bratislava du 26 au 29 juin

Il est encore temps de découvrir le programme et de s’inscrire  : http://www.woncaeurope2019.org/

 

Le Collège de la Médecine Générale s’unit à ses collègues internationaux pour célébrer la 9ème Journée mondiale des médecins de famille

Le Collège de la Médecine Générale remercie tous les médecins généralistes, français et internationaux, pour leur travail et leur investissement. Grâce aux nombreux projets de recherche, à une forte implication dans les groupes de réflexions professionnels et institutionnels, mais également au travail de terrain, chacun contribue quotidiennement à améliorer la prise en charge des patients et de leur entourage, et à promouvoir la spécialité.

A l’occasion de cette journée particulière, le Collège de la Médecin Générale souhaite souligner à nouveau le rôle essentiel des échanges européens et internationaux entre médecins généralistes, la nécessité d’une représentation française de la médecine générale auprès des organisations internationales de santé.

Le Collège de la Médecine Générale et Santé publique France ont décidé de constituer ensemble un panel de médecins généralistes leur permettant de collecter des informations pertinentes sur des problèmes de santé publique et de recueillir l’opinion des médecins généralistes sur des sujets médicaux d’actualité.

Le Collège a besoin de l’avis des médecins généralistes lors de toutes les discussions avec les institutions, afin d’adapter ses objectifs et ses demandes

Le panel sera constitué de 2 000 médecins généralistes volontaires répartis sur toute la France.

Vous êtes intéressé(e) pour participer au Panel ?  Inscrivez-vous en ligne !

 

Un panel qu’est ce que c’est ? 

  • C’est un groupe de médecins généralistes volontaires, répartis sur toute la France, qui accepte de répondre de façon régulière à un bref questionnaire sur des sujets de santé publique essentiellement.
  • Il est possible de décrire le panel dans sa répartition géographique, sa répartition en âge et en sexe, le type d’exercice et l’importance de l’activité.

Un panel pour faire quoi ?

En constituant ce panel, le CMG et Santé publique France ont pour Objectifs  :

  • de collecter des informations pertinentes sur des sujets de santé publique (pathologie infectieuse, maladies chroniques, santé mentale, santé au travail, santé environnementale, vaccinations, addictions, ….),
  • de recueillir l’opinion des médecins généralistes sur des sujets d’actualité et de pouvoir suivre ces données dans le temps.

Un panel constitué comment ?

  • Le panel est constitué de médecins généralistes volontaires qui s’inscrivent auprès du Collège de la Médecine Générale.
  • Un certain nombre de renseignements administratifs seront nécessaire afin de décrire le panel.

Quelles contraintes si je participe ?

  • C’est un engagement à répondre en ligne, 2 ou 3 fois par an, à un court questionnaire de 10mn environ. Remplir le questionnaire ne nécessite pas de consulter ses dossiers médicaux
  • Aucune rémunération n’est prévue pour la participation.
  • Les participants peuvent à tout moment demander d’arrêter leur participation.
  • Les données recueillies sont bien sûr anonymes.

Quel intérêt pour moi ?

  • C’est l’occasion d’avoir un regard sur sa pratique, son vécu et le comportement de sa patientèle.
  • C’est avoir un retour d’information privilégié sur les données recueillies.
  • C’est la possibilité de proposer une interrogation sur un thème local ou d’actualité.
  • C’est pouvoir échanger en région avec les autres membres du panel autour d’un coordonnateur régional.

Quel intérêt pour la profession ?

  • Recueillir des données dont on connait l’origine et que l’on maîtrise.
  • Intégrer ces données aux argumentaires de discussion avec les institutions.
  • Améliorer la communication entre les médecins généralistes et les institutions.
  • Identifier des thèmes de formation ou de recherche.
  • Identifier des besoins en terme d’outils d’aide à la pratique

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