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Violences dans le couple, maltraitances infantiles… : quel rôle pour le médecin généraliste ?

11 juillet 2019

Suite à de trop nombreux drames, les féminicides viennent d’être médiatisés et font l’objet de décisions politiques. Les violences dans la famille sont en effet quotidiennes et prévalentes, y compris dans les patientèles de médecins de premier recours : selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), entre 15 et 71% des femmes vivant en couple, ont déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles (1) et près de 23 % des enfants ont subi des violences physiques (2). Les répercussions sont lourdes sur la santé des victimes, immédiatement mais aussi plusieurs années après.

Ces violences, commises dans la sphère familiale, sont d’autant plus difficiles à révéler pour les victimes et à repérer pour les soignants. Elles peuvent être physiques, psychiques, sexuelles. La négligence et les violences conjugales dont l’enfant est témoin, constituent aussi des situations de maltraitances infantiles.

Les médecins généralistes peuvent se saisir de cette problématique et poser la question des violences à leurs patients. Des ressources existent pour faciliter leurs pratiques.

 

Le site internet declicviolence.fr est un outil d’aide au repérage et à la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales pour les médecins généralistes. Le projet AVIC-MG (Attentes des femmes Victimes de violences conjugales envers le Médecin Généraliste), auquel participent des internes de 13 départements de médecine générale, complètera bientôt la cartographie des structures vers lesquelles le médecin généraliste peut orienter les victimes de violences conjugales.

 

La recommandation de bonne pratique « Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple » de la Haute Autorité de Santé sera publiée en septembre 2019.

Pour échanger entre professionnels, la session « Violences dans la famille : quel rôle pour le médecin généraliste ? » du congrès annuel 2019 de la Médecine Générale (CMGF) a été l’occasion de discuter de la place du médecin généraliste dans de telles situations : place à la fois complexe (la violence est difficile à penser, le médecin prend en charge parfois la victime et l’agresseur, …) et privilégiée (premier recours, suivi).

Le médecin généraliste est ici pleinement dans son rôle de prévention et de coordination. Le patient est pris en charge de façon globale en prenant particulièrement en compte les facteurs sociaux.

Les violences, et plus particulièrement les violences intrafamiliales, sont un enjeu de santé majeur pour la médecine générale.

Un groupe de travail du CMG est actuellement en cours de constitution. Un appel à candidature sera prochainement proposé pour un travail aussi bien au niveau du soin, de la pédagogie et de la recherche.

 

Dr Mathilde Vicard-Olagne
Médecin généraliste, Vernet-la-Varenne

 

Bibliographie

(1) García-Moreno C, Jansen HA, Ellsberg M, Heise L, Watts C. Prevalence of violence by intimate partners. In: WHO multi-country study on women’s health and domestic violence against women: initial results on prevalence, health outcomes and women’s responses. Geneva: World Health Organization; 2005. p. 27–42.

(2) Sethi D, World Health Organization, editors. European report on preventing child maltreatment. Copenhagen, Denmark: World Health Organization, Regional Office for Europe; 2013. 115 p.

 

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